article tiré du site du Regroupement francophone unitarien universaliste www.rfuu.net
À l’origine, l’unitarianisme est une forme de christianisme, quoique hérétique. Le terme peut se rapporter à n’importe quelle croyance relative à la nature de Jésus, reconnaissant Dieu comme une entité unique et rejetant la doctrine de la trinité. L’unitarianisme a été repoussé par la chrétienté orthodoxe au premier concile de Nicée en 325, mais il a réapparu plus tard dans l’histoire de l’Église. Des églises unitariennes ont été officiellement établies en Transylvanie et en Pologne (par les Sociniens) au XVIe siècle. Michel Servet, précurseur unitarien espagnol, est mort sur le bûcher à Genève, en 1553, sur l’ordre de Jean Calvin. L’universalisme a commencé comme une « hérésie » distincte par rapport à la chrétienté et possède sa propre et longue histoire. On peut également le retracer loin dans l’histoire de la chrétienté, dès les premiers savants de l’Église. Tant Origène que saint Grégoire de Nysse en ont prêché les points essentiels. L’universalisme rejette la doctrine de la damnation éternelle et proclame au contraire un Dieu aimant qui rachètera toutes les âmes. En 1793, l’universalisme a émergé aux États-Unis comme une dénomination particulière, qui s’est finalement appelée Universalist Church of America (« Église universaliste d’Amérique »).
Aux États-Unis, le mouvement unitarien a commencé principalement dans les églises de paroisses congrégationistes de la Nouvelle-Angleterre. Ces églises, que l’on peut encore voir aujourd’hui sur la place principale de presque chaque village de la Nouvelle-Angleterre, tirent leurs racines de la division des colonies puritaines en paroisses pour l’administration de leurs besoins religieux. À la fin du XVIIIe siècle, un mouvement unitarien a commencé dans certaines de ces églises. Alors que le conflit s’approfondissait entre les factions unitarienne et trinitaire, les unitarien(ne)s ont obtenu un poste clé à l’Université Harvard en 1805. Le conflit a abouti à la fondation de l’American Unitarian Association (« Association unitarienne américaine ») comme dénomination distincte en 1825.
Après le schisme, certaines de ces églises sont restées dans le cadre congrégationiste, tandis que d’autres ont voté de devenir unitariennes. Du fait de leurs circonstances historiques diverses, certaines des églises sont devenues membres de l’organisation congrégationiste (appelée plus tard l’United Church of Christ – « Église unie du Christ »), tandis que d’autres sont devenues unitariennes et se sont jointes ultérieurement à l’AUA. Par contre, les églises universalistes ont suivi un autre cheminement, car elles avaient débuté comme des congrégations indépendantes, n’ayant aucun lien avec les églises puritaines établies. Au cours du XIXe siècle, sous l’influence de Ralph Waldo Emerson (qui avait été ministre unitarien) et d’autres transcendentalistes, l’unitarianisme a commencé son long cheminement, passant du protestantisme libéral à sa forme actuelle davantage pluraliste.
Unitarien(ne)s et universalistes ont souvent eu bien des intérêts communs et de nombreuses communications; ils ont souvent été associés dans l’opinion publique. Bien avant leur regroupement, on disait, pour les distinguer, que les universalistes croyaient Dieu trop bon pour condamner l’être humain, tandis que les unitarien(ne)s croyaient l’être humain trop bon pour être condamné par Dieu. Tant l’unitarianisme que l’universalisme ont évolué dans le temps pour devenir des religions inclusives et tolérantes. En 1961, l’American Unitarian Association (« Association unitarienne américaine ») s’est regroupée avec l’Universalist Church of America (UCA) (« Église universaliste d’Amérique ») pour former l’Unitarian Universalist Association (UUA) (« Association unitarienne universaliste »). La même année, le Conseil unitarien canadien (CUC) (Canadian Unitarian Council) a été formé et est devenu une branche de l’UUA, dans le but de servir les besoins et les intérêts des unitarien(ne)s universalistes du Canada. En 2002, le CUC est devenu indépendant de l’UUA; toutefois, les deux organismes ont gardé d’étroites relations de travail.
Récemment, « l’emprunt » par les unitarien(ne)s universalistes de rituels religieux d’autres traditions a fait l’objet d’un examen minutieux. Un certain nombre de UU se sont demandé si l’utilisation sans discernement des termes et des rites d’autres religions, et leur incorporation dans les services religieux pluralistes UU ne pourraient pas être considérés comme une forme indésirable d’appropriation culturelle par ceux à qui on les emprunte. Dans de nombreuses congrégations, la question n’a pas encore été posée directement pour pouvoir obtenir une réponse cohérente. Cependant, dans d’autres congrégations, la question a entraîné une exploration de ce qui, dans les traditions religieuses « occidentales », pourrait encourager l’emprunt d’autres traditions religieuses dont on n’a peut-être qu’une compréhension superficielle. Bien que ces questions soient au coeur de la tradition UU, le fait d’y être confrontés a aidé bien des pratiquants et des congrégations UU à renforcer leur foi et leurs pratiques religieuses.
En 1995, l’UUA a participé à la création de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) (« Conseil international des unitarien(ne)s et universalistes ») dans le but de faire le lien entre les traditions religieuses unitariennes et universalistes à travers le monde entier.
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