article tiré du site du Regroupement francophone unitarien universaliste www.rfuu.net
Tout comme leur théologie, le culte et les rites des unitarien(ne)s universalistes sont souvent une combinaison d’éléments provenant d’autres traditions religieuses, d’une part, et de pratiques et de symboles originaux, d’autre part. Par leur forme, il peut être difficile de distinguer les services religieux UU de ceux d’une église protestante libérale. Par leur contenu, étant donné la diversité des membres de certaines congrégations UU, il peut être difficile à quelqu’un qui vient d’une religion plus traditionnelle de trouver plus que quelques points communs superficiels avec les unitarien(ne)s universalistes.
Le symbole le plus commun de l’unitarianisme universaliste est le calice à la flamme, souvent encadré par deux cercles imbriqués, interprétés par beaucoup comme représentant l’unitarianisme et l’universalisme (en fait, le symbole n’a pas d’interprétation officielle). Le calice lui-même est depuis longtemps un symbole des religions libérales et notamment du christianisme libéral (les Disciples of Christ – « Disciples du Christ » – utilisent aussi un calice comme symbole de leur dénomination). Ce symbole remonte aux jours où le martyr tchèque Jan Hus insistait pour donner aux laïcs la communion sous forme et de pain et de vin, malgré les craintes que ces laïcs puissent renverser ce que l’on reconnaissait comme le « sang du Christ ». Les autres symboles comprennent une croix légèrement excentrée dans un cercle (symbole universaliste associé au mouvement Humiliati dans les années 1950, groupe de ministres du culte réformistes et axés sur la liturgie, qui tentaient de ranimer l’universalisme). Un autre symbole est une paire de mains ouvertes relâchant une colombe.
Les services religieux se déroulent habituellement le dimanche et ressemblent beaucoup en forme aux services protestants de la Réforme. La très grande majorité des congrégations tiennent un service de structure souple, centré sur un sermon prononcé par un ministre du culte ou par un leader laïc de la congrégation. Les sermons peuvent porter sur une vaste gamme de sujets. Le service comprend aussi le chant d’hymnes religieux. Le recueil d’hymnes le plus récent publié par la dénomination comporte certains chants originaux, ainsi que des chants tirés de la tradition chrétienne et d’autres traditions religieuses. Les termes sont souvent modifiés pour être neutres et s’adresser autant aux femmes qu’aux hommes, ainsi que pour correspondre aux croyances communes des unitarien(ne)s universalistes. La musique instrumentale figure également couramment dans le service religieux typique.
Un grand nombre de congrégations UU n’observent plus les rites chrétiens du baptême, de la communion ou de la confirmation, du moins dans leur forme traditionnelle ni sous leur nom traditionnel. Les congrégations qui continuent ces pratiques sous leur nom traditionnel sont souvent des églises fédérées ou des membres du Council of Christian Churches (« Conseil des églises chrétiennes ») au sein de l’Unitarian Universalist Association, ou encore ont des chapitres actifs associés à l’Unitarian Universalist Christian Fellowhip (« Regroupement chrétien unitarien universaliste ») ou des groupes semblables. Les « consécrations d’enfants » remplacent souvent les baptêmes traditionnels de bébés (bien qu’il faille noter que de telles « consécrations » sont parfois pratiquées même dans des communautés chrétiennes « orthodoxes » qui ne baptisent pas les bébés pour des raisons théologiques). Des célébrations annuelles de Communion avec l’eau et de Communion avec les fleurs peuvent remplacer ou compléter la communion du type chrétien. On remarquera que beaucoup de congrégations pluralistes ou axées sur le christianisme peuvent célébrer la communion les jours de fête chrétiens. La confirmation peut aussi être remplacée par un programme de « passage à l’âge adulte » dans lequel les adolescent(e)s explorent leur identité religieuse individuelle.
Pendant la présidence du rév. William Sinkford, le débat à l’intérieur du mouvement UU s’est centré sur son invitation à revenir à un « langage de révérence » UU authentique, ou à en créer un. Le rév. Sinkford laissait entendre que les UU avaient abandonné le langage religieux traditionnel et ainsi abandonné des mots pouvant avoir un certain pouvoir à des personnes qui pourraient alors en dicter le sens sur la place publique. Il a proposé que les unitarien(ne)s universalistes reprennent leur siège légitime à la table interconfessionnelle en faisant de ce langage le leur propre. D’autres ont réagi à cet appel en croyant qu’il faisait partie d’un effort visant à ramener les congrégations UU dans un schéma de culte chrétien plus orthodoxe. Le rév. Sinkford a repoussé cette interprétation, en citant les paroles des humanistes UU comme exemples de ce qu’il veut dire par « langage de révérence ». Ce débat semble faire partie intégrante d’un effort visant à augmenter la connaissance de la Bible parmi les unitarien(ne)s universalistes, y compris la publication par l’éditeur de l’UUA, Beacon Press, d’un ouvrage rédigé par l’ancien président de l’UUA John Buehrens. Ce livre fournit des stratégies d’interprétation pour les libéraux religieux et pour les sceptiques, de sorte que les UU puissent participer à des débats publics sur ce que dit la Bible, selon une perspective religieuse libérale, plutôt que d’abandonner aux conservateurs religieux tout le contrôle sur le contenu et l’importance de la Bible dans les questions d’intérêt public et civique.
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